
A quel public de l'Université Lyon 2 Virtual Cabinet est-il destiné ?
Dès l’écriture du cahier des
charges en 2002, Virtual Cabinet a visé le public intermédiaire (allant sur B2) car se mettait en place à cette époque une certification en langues, le CLES (Certificat de compétence en
Langue de l’Enseignement Supérieur). Celui-ci s’articule autour d’un scénario et vérifie le niveau de compétence des étudiants au niveau de la compréhension (orale et écrite), de la production
écrite et de l’interaction orale. Quand j’ai proposé l’idée de Virtual Cabinet à Marie-Thérèse Maurer, l’ancienne directrice du Centre de Langues de Lyon 2, celle-ci m’a non seulement
encouragé à développer l’idée mais elle m’a donné les moyens financiers et institutionnels pour mener à bien le projet. Grâce à une collaboration intense avec Erick Ghaumez, développeur
pédagogique multimédia de la cellule TICE de Lyon 2, nous avons pu proposer une première version de ce dispositif à des étudiants de deuxième année à la rentrée de
2003. Le public n’a guère varié depuis l’origine : il s’adresse toujours aux étudiants qui présentent le CLES 2, donc majoritairement des étudiants de deuxième année et de master. A la rentrée de
septembre 2007, il sera également proposé à des étudiants de Sciences de l’Éducation qui étudient à distance.
Pourriez-vous nous présenter le dispositif ?
Virtual Cabinet fonctionne à partir du scénario suivant : l’étudiant travaille comme conseiller d’un ministre britannique au Parlement où il a son
bureau. 18 projets de loi portant sur des questions vives en Grande-Bretagne (la vidéosurveillance, l’intégration des enfants sourds dans le système éducatif, l’égalité salariale entre les
sexes…) lui sont proposés, chacun assorti d’un reportage télévisé authentique, d’une conversation dans un pub et d’un entretien oral entre un expert et une journaliste. Il doit donc travailler
l’information contenue dans ces documents divers (grâce à des micro-tâches), prendre des notes, puis, quand il estime son travail suffisamment abouti, envoyer une note de synthèse dans laquelle
il donne des éléments concernant le projet de loi, et propose un certain nombre de recommandations à attention du ministre.
Quelles sont les modalités du tutorat ?
La note de synthèse est corrigée et
évaluée par l’enseignant-tuteur du groupe auquel appartient l’étudiant et qui récupère le travail sur sa boite électronique. Virtual Cabinet n’est donc pas une ressource à proprement
parler, mais un dispositif, car un accompagnement pédagogique est prévu. Celui-ci varie d’un collègue à l’autre mais, en général, un enseignant demande 3 notes de synthèse sur le semestre (le
travail sur une note de synthèse représente en moyenne 2 à 3 heures pour les étudiants) et, à partir de celles-ci, il donne des outils pour la rédaction de lettre, l’argumentation, la synthèse et
le travail sur la forme. Dans mon cas, je demande à mes étudiants d’écrire des notes de synthèse de plus en plus longues en augmentant le niveau d’exigence au fur et à mesure du semestre, et
j’encourage mes étudiants à être aussi créatifs que possible.
Ce dispositif a-t-il été évalué ? Les retours sont-ils positifs ?
Oui, bien entendu. Il a été évalué dès la phase de conception auprès d’échantillons de futurs utilisateurs pour améliorer son utilisabilité. Cette phase d’observation clinique a
été extrêmement riche. Puis en 2004, quand le dispositif a été mis en place grandeur nature, c’est-à-dire auprès d’une cohorte significative d’étudiants, il été évalué auprès de 120 utilisateurs
pour mesurer l’adéquation entre les besoins de formation et l’offre pédagogique, la qualité des aides fournies (dictionnaire en ligne, micro-tâches) et l’interface
graphique et pédagogique. Cette évaluation nous a permis d’améliorer certains aspects (ergonomie) et de réfléchir à un accompagnement optimal. Tous les deux ans, nous procédons à une évaluation
semblable et les indicateurs sont en progression. J’ai également mené une étude sur la rédaction des notes de synthèse dont les résultats sont donnés dans un article intitulé « Évaluation du
potentiel d’apprentissage d’une tâche médiatisée » publié dans Asp (2005) et accessible sur ma page perso (onglet
publication).
A la rentrée prochaine, et maintenant que la technologie nous le permet, nous allons réfléchir Erick Ghaumez et moi à une
nouvelle version qui offre la possibilité outre celle de rédiger une note de synthèse à l’écrit, d’envoyer une synthèse orale au tuteur. On va enfin pouvoir entraîner la production orale et c’est
une perspective réjouissante. Tout cela est possible grâce au soutien sans faille d’Isabel Pradat-Paz, l’actuelle directrice du Centre de Langues de Lyon 2.
Je crois que la version en français langue étrangère est prévue pour septembre, vous pouvez déjà nous en dire quelques mots ?
En effet, sous la direction d’Annick Rivens et de Martine Eisenbeis, la version FLE est en préparation à l’Université de Lille III. Si son architecture pédagogique et informatique s’appuie sur la cahier des charges d’origine, elle diffère de Virtual Cabinet en cela que le contexte n’est plus politique mais journalistique. Dans le scénario FLE,
l’étudiant travaille à la rédaction d’un journal en ligne, Agorafle. Je pense que c’est une excellente idée.
Pour moi, c’est une vraie satisfaction de voir que le dispositif est utilisé par environ 2500 étudiants chaque année et que des versions
allemande, espagnole et italienne et FLE sont développées ou en cours de développement. C’est une évolution que je n’avais pas imaginée quand je me suis lancé dans ce projet…
Un grand merci Nicolas.
Pour accéder à la démo de Virtual Cabinet, c'est par ici. (un lecteur Flash récent est requis).
Une analyse intéressante du site est parue dans la revue en ligne Alsic. Vous la trouverez dans le sommaire du volume en cours, juin 2007, rubrique
"Analyse de sites et logiciels"
Et enfin, des publications de Nicolas Guichon sont disponibles sur sa page perso.
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A Lille 3, nous sommes dans les enregistrements et les dernières retouches d'AgoraFLE (version FLE de VCAB), et c'est très encourageant de voir qu'on parle de nous aussi...
Merci à Nicolas et à Stéphane Wattier !
Ce dispositif est impressionnant par sa qualité : de l'ergonomie de l'interface à la diversité des thèmes et des exercices.
On souhaiterait trouver plus de dispositifs de ce type, proposant un apprentissage par l'action, plutôt que les traditionnels logiciels de langue dont les exercices sont principalement behavioristes...
Tout à fait d'accord avec toi sur l'approche actionnelle préconisée par le CECR, même si un exercice de type behavioriste, à condition qu'il soit bien intégré dans un scénario, peut conserver quelque utilité.
E-learning Bretagne continue idéalement ce billet en apportant des précisions sur la technologie du Chroma Key (incrustation vidéo d'un personnage qui guide l'apprenant) intégrée dans le projet Virtual Cabinet.
http://e-learningbretagne.blogspirit.com/archive/2007/07/04/virtual-cabinet.html