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Stéphane Wattier
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Dimanche 29 avril 2007

Franc-parler, le portail de la communauté mondiale des   professeurs de français, poursuit son très utile travail de veille  en nous invitant à découvrir deux ressources sur le web 2.0.


La première est un dossier spécial du site les infostrateges.com qui a le mérite d'être clair et de montrer que si les définitions du web 2.0 restent fluctuantes, de nouveaux outils sont bien là, "qui changent la vie de l'utilisateur".

L'autre ressource est en fait un excellent diaporama sur le sujet en général et sur les applications pédagogiques en particulier. A télécharger depuis le site Economie Gestion de l'Académie de Dijon.


Si cette introduction vous a mis l'eau à la bouche, vous pourrez continuer par le web 2.0 ideas for educators (PDF) (en).

D'ailleurs, en parlant de web 2.0, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, je vous signale qu'un lien sur mes signets del.icio.us est disponible sur le menu "je lis" à la droite même de cette page. N'hésitez pas y jeter un oeil de temps en temps : c'est gratuit et participatif :-)


par stéphane Wattier publié dans : Apprendre avec les TIC
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Mercredi 25 avril 2007
J'inaugure aujourd'hui une rubrique "Entretiens" où j'ai l'intention d'inviter des experts à partager leurs expériences. Et c'est un vrai bonheur de pouvoir commencer par ce projet que je trouve remarquable. Au programme, utilisation des TIC à la maternelle et au primaire, formation d'enseignants de français, échanges interculturels et réduction de la fracture numérique... Bonne lecture !

Phu Binh est un quartier situé au bord de la Rivière des Parfums à Huê (fr), au Centre du Vietnam. De nombreuses familles défavorisées y vivent sur des sampans. C'est dans ce quartier que, depuis 1989, l'association Codev Viet Phap  poursuit ses actions de coopération dans le domaine éducatif. Un nouveau projet,  engagé en janvier 2007, allie enseignement du français et intégration des TIC.

Entretien avec Bertille Pissavy-Yvernault, co-responsable du projet au Vietnam.




Quelles sont les actions de Codev Viet Phap (CVP)  dans le domaine des TICE à Huê ?
CVP intervient de manière progressive depuis plus d’un an dans le domaine des TIC à Hué.

Elle a contribué dès 2006 à l’aménagement d’une salle informatique à l’école primaire de Phu Binh afin d’accueillir au plus vite les 6 premiers ordinateurs destinés aux élèves.

La salle est ouverte depuis la rentrée scolaire 2006-2007. Elle est utilisée chaque jour pour les cours d’informatique à destination des élèves et par les enseignants pour préparer leurs cours.

D’autres ordinateurs et outils tels qu’un appareil photo numérique, un projecteur, etc. ont été mis à disposition de l’équipe pédagogique en cours d’année. Ils commencent tout juste à être utilisés en classe.

Pour faciliter l’appropriation de ces nouveaux outils par les enseignants, des formations ont été mises en place. Une en informatique - elle vise à permettre aux participants d’acquérir des connaissances et des compétences dans le domaine des nouvelles technologies - et une autre, à destination des enseignants de français, qui a pour vocation d’ouvrir de nouvelles perspectives pour favoriser l’utilisation des TIC en classe de langue.

L’idée est d’offrir aux enseignants les moyens d’enseigner autrement, de leur montrer quelles sont les possibilités offertes par les TIC.

Les enseignants et les élèves des écoles françaises partenaires du projet sont aussi des correspondants. C’est la raison pour laquelle CVP a choisi d’accompagner plus particulièrement les enseignants de français de Phu Binh, afin qu’ils puissent échanger au plus vite avec leurs homologues français sur leurs expériences pédagogiques.

Les logiciels Agorevo, Lopart et Kit instit ont été envoyés par les enseignants français qui les utilisent, eux aussi, pour la première fois cette année.

A terme, les enseignants de français de Phu Binh pourraient être amenés à témoigner de leur expérience en participant à la formation de leurs collègues de primaire et maternelle.

Une expérience réussie encouragerait CVP à équiper l’école maternelle de Phu Binh.


Certains diront sans doute que les TIC ne sont pas vraiment une priorité pour des enfants défavorisés. Qu'est-ce que tu répondrais pour les persuader du contraire ?
CVP intervient depuis 1989 dans les écoles du quartier de Phu Binh.

Si l’amélioration de l’enseignement a toujours été une priorité, il n’a pas été question dès l’origine de fournir du matériel informatique aux élèves.

Une école maternelle et un dispensaire ont été construits, une bibliothèque aménagée, une cantine ouverte, des cours de français mis en place, etc.

Le nouveau projet « TICE » de CVP intervient aujourd’hui parce qu’il s’intègre dans les politiques menées actuellement au Viêt-nam ; il a été élaboré en étroite concertation avec le Comité Populaire du quartier de Phu Binh qui a relayé les attentes des équipes enseignantes.

Il ne fait pas de doute pour CVP que l’éducation a beaucoup à gagner de l’emploi des TIC. Elles peuvent enrichir la qualité de l’apprentissage et l’enseignement.

Il est aussi de plus en plus évident que ces technologies révolutionnent les modes d’échange, les techniques d’apprentissage et les méthodes de travail. Dans ce contexte, permettre à des enfants défavorisés d’y accéder, correspond à leur ouvrir des portes qui autrement risqueraient de leur être fermées. Les enfants doivent apprendre à travailler avec les TIC pour préparer leur futur.

En outre, l’outil informatique est un atout pour la correspondance scolaire et l’ouverture vers le monde…


Quels sont les principaux objectifs pédagogiques ?
Les principaux objectifs pédagogiques sont dans un premier temps l’acquisition par les enseignants de compétences en matière d’utilisation des TIC.

Le programme d’informatique a été élaboré avec un formateur vietnamien qui travaille avec les enseignants depuis le début du mois de mars. Concrètement, il s’agit de se familiariser avec un ordinateur, de savoir utiliser un logiciel de traitement de texte, un logiciel de présentation assistée, un tableur, un programme de retouche photo, de naviguer sur Internet, d’utiliser le courrier électronique…

Avec les enseignants de français, un travail complémentaire a été entrepris depuis le mois de janvier. Il s’agit de les aider à intégrer l’utilisation des TIC dans leurs leçons sans jamais perdre de vue que l’ordinateur est un outil qu’on peut utiliser pour faciliter l’apprentissage du français et qu’il ne s’agit pas de faire de l’informatique.

Au programme : des discussions sur ce qui est fait en France et à l’étranger dans ce domaine, beaucoup de recherches de ressources sur le web, des exemples concrets et l’analyse de l'intérêt pédagogique et des possibilités de travail que peuvent offrir les TIC.


La correspondance scolaire est un volet important du projet. Quel est le rôle du blog ?
L’existence d’une correspondance scolaire de longue date avec des écoles de France est la raison pour laquelle les enseignants de français de Phu Binh sont les premiers à bénéficier d’un accompagnement pour l’intégration des TIC en classe.

Leurs homologues en France commencent eux aussi à utiliser les TIC ; CVP se réjouit à l’idée que les enseignants vont pouvoir confronter leurs expériences dans ce domaine et s’enrichir mutuellement.

Le blog a pour objectif de permettre à tous les enseignants partenaires du projet de s’exprimer sur les TIC. Comme, à l’heure actuelle, leur utilisation n’en est qu’à ses débuts, il est un moyen pour tout le monde de faire connaissance et d’échanger quelques nouvelles.

Les enseignants sont le moteur de la correspondance scolaire, en renforçant leurs liens et leur collaboration, nous espérons pérenniser les échanges et faire naître de véritables projets de classe franco-vietnamiens.

 

Qu'est-ce qui a motivé le choix des logiciels AGOREVO et LOPART ?
Les élèves de Cannes Ecluse ont expérimenté les logiciels les premiers au sein de la classe numérique de la Cité des Sciences en 2006 (voir http://www.clasnum.agorevo.net/Galeries/galeries.html, une activité sur la diversité culturelle prélude au projet de correspondance scolaire)

Trois mots clés caractérisent ces softs : accessibilité, simplicité et créativité.

Agorevo, bien plus qu'un blog, permet à l'élève de créer une véritable mise en page pour mettre en valeur texte et graphique avec une recherche personnelle. C'est donc un outil idéal pour l'échange entre les élèves en France et au Vietnam car les enfants auront une galerie commune pour publier et partager leurs mini-sites web.

LopArt Duo* permet un moment privilégié de "contact" entre élèves avec les séances de dessin partagé sur la même toile. Lors du premier échange entre les deux écoles en novembre, à l’occasion du Salon EducaTICE à Paris, la séance de dessin en réseau a été un moment fort, plein d'émotion, où le langage par le trait a ouvert une communication qui dépasse la barrière linguistique. Cela a permis aux Vietnamiens, peu à l'aise avec le français de prendre confiance en contribuant "à égalité" a une création commune.

L'échange de dessins, en temps réel ou via les galeries et les pages web, est un fondement du projet pédagogique qui allie écriture et création graphique.

Il est vrai que la coordination d'une telle activité, novatrice, demande un effort soutenu et que les objectifs pédagogiques des enseignants de part et d'autres sont souvent divergents. Cependant, le processus lui même est enrichissant pour l'élève comme pour l'enseignant....


C'est sans doute trop tôt pour faire un bilan. Mais peux-tu nous parler des difficultés rencontrées, des premiers résultats obtenus ? 

En ce qui concerne la correspondance scolaire, les échanges sont facilités par le courrier électronique : textes, photos, dessins circulent facilement entre les écoles et permettent de se découvrir aisément. De même, le blog a séduit les enseignants.

Le dessin « en duo » a été expérimenté à plusieurs reprises avec les élèves de France et désormais, deux fois par mois, les enseignants de français s’appuient sur les TIC pour leurs cours.

Dans les autres disciplines, j’ai constaté l’usage ponctuel du projecteur relié à l’ordinateur. C’est un début.

Les enseignants doivent prendre leur temps pour que l’intégration des TIC soit un jour vraiment profitable aux élèves.

Pour ce faire, leurs connaissances informatiques doivent encore être renforcées et la pratique encouragée afin de venir à bout de leurs appréhensions face à ces nouveaux outils.

Cette remarque concerne aussi bien les enseignants du Vietnam que ceux de France !

Intégrer les TIC dans son enseignement exige un très grand investissement : beaucoup de curiosité, de motivation, d’obstination, de temps, de travail …

Quand on débute, les TIC n’apparaissent pas toujours comme un moyen de faciliter l’apprentissage. Malgré l’intérêt qu’elles suscitent chez les élèves, elles peuvent sembler si complexes à utiliser !

Il faut noter aussi que l’utilisation de l’ordinateur suppose des choix pédagogiques qui ne correspondent pas forcément à ce qui a été présenté aux enseignants vietnamiens au cours de leurs études.

Je regrette également le manque de ressources en vietnamien sur Internet à destination des enseignants dans ce domaine.

Enfin, du côté des élèves, si l’ordinateur est accueilli avec enthousiasme, c’est surtout parce qu’il est synonyme de jeu. Il n’est pas facile d’obtenir le même sérieux en salle informatique qu’en salle de classe.


Merci Bertille.  Voilà  un projet qui ne peut pas laisser indifférent. A suivre de très près...

Vous ne trouvez pas ?

 


par stéphane Wattier publié dans : Entretiens
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Dimanche 22 avril 2007
Signe qui ne trompe pas : un journal vietnamien à grand tirage comme le Thanh Niên (vn ) commence à consacrer des articles au e-learning, dont celui-ci (vn).

J'aurais bien aimé vous le traduire mais ma demande d'autorisation répétée reste sans réponse. Mystère... Mais qu'à cela ne tienne, il n'est pas interdit d'en diffuser des extraits.

Ce que je trouve intéressant surtout, ce sont les témoignages d'apprenants qui ont suivi une formation à distance en anglais dispensée par l'Université de Danang :

Mme Nguyên Thi Hông Nga : " Je travaille en ce moment dans une société d'informatique à Binh Duong et même si ce n'est pas très pénible, je pars souvent en mission, alors je n'ai pas le temps d'aller suivre des cours du soir dans un centre de langues. Un jour, en surfant sur le web, j'ai découvert que le Centre d'Education Permanente de l'Université de Danang proposait une formation en ligne à la traduction anglaise. J'étais folle de joie ! Je me suis inscrite tout de suite et depuis un an, mon niveau d'anglais a beaucoup progressé. J'ai pris assez d'assurance pour communiquer avec mon chef et mes collaborateurs étrangers."

M. Nguyen Van Thai qui conduit un car de tourisme sur le parcours Hoi An - Danang - Huê [...] : "chaque fois que j'amène des clients sur un site touristique, j'ai beaucoup de temps libre et avant, j'allais dans un café écouter de la musique pour tuer le temps. L'année dernière, grâce à un ami, j'ai pu m'acheter un ordinateur portable d'occasion et je me suis inscrit au programme d'anglais sur internet de l'Université de Danang. Et quand je devais attendre les touristes, je trouvais un café Wifi et j'étudiais. Après une année, maintenant je n'ai plus peur de parler avec mes clients étrangers, je peux répondre à leurs demandes sans l'aide d'un interprète."

Ca me semble encore trop tôt pour généraliser mais cet article a le mérite de montrer que ce sont l'accessibilité, la flexibilité et une offre en adéquation avec les besoins professionnels du public qui peuvent assurer le développement du e-learning.

Sur ce, je poursuis mes investigations...


par stéphane Wattier publié dans : Au Vietnam...
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Vendredi 13 avril 2007
Si internet n'a pas inventé l'apprentissage informel (en), il permet sans aucun doute d'en démultiplier les occasions et,  pourquoi pas, de l'organiser. C'est en tout cas ce que Polyglot (fr) fait avec brio pour l'apprentissage des langues. Ce site propose en effet de vous" mettre en contact avec des membres désireux d'apprendre votre langue, et qui en échange seront heureux de vous enseigner la leur". Les chiffres sont impressionnants :150 langues, 250 pays représentés, et 135 500 membres. Une agence de rencontres linguistiques donc, comme l'illustre le reportage que lui a consacré France 3 :




Deux petites remarques après ce visionnage, à chaud :

  • -- C'est encore un pied de nez à ceux qui rabâchent que les nouvelles technologies enferment l'utilisateur dans sa tour d'ivoire ;
  • -- J'aime beaucoup l'idée de troc. Entre le mercantilisme répugnant et le don toujours un peu suspect, cette forme d'échange a de quoi se tailler un bel avenir.
Le propre de l'apprentissage informel, c'est qu'il ne s'évalue pas. Difficile donc de se faire une idée précise de son efficacité. Mais  si on associe à ce type de collaboration les innombrables ressources (presse, podcasts, radios, etc.) disponibles sur internet, toutes les configurations sont possibles pour se fabriquer son environnement personnel d'apprentissage (en). Encore faut-il apprendre à l'optimiser. Et c'est sans doute sur ce savoir-faire que les profs devront recentrer leur rôle.

Au fait, un article du journal Vietnamnet (vn) parlait récemment des étudiants vietnamiens qui abordent les touristes pour discuter avec eux, qui transforment les lieux touristiques en "centre de langues"... Alors en faisant une rapide recherche "français - vietnamien" sur Polyglot, j'ai trouvé 125 membres prêts au troc. Pas mal, non ?

Via E-mob (fr)


par stéphane Wattier publié dans : Apprendre avec les TIC
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Vendredi 6 avril 2007

La compréhension orale est une compétence souvent négligée dans le système éducatif vietnamien et nul doute qu'on va voir se développer rapidement des sites comme LEO (vn) (Learning English Online). Développé par la Viet Anh International School qui disposait déjà de plusieurs centres de formation en classes traditionnelles à Hanoi, ce site propose de s'exercer à l'écoute de l'anglais en autoformation.  L'inscription donne l'accès à :
  • -- Des activités de phonétique
  • -- Des documents audio accompagnés d'exercices
  • -- Des leçons en vidéo
Les évaluations se font en ligne et sont corrigées automatiquement. Pour accéder aux formations (11 niveaux différents), il suffit d'acheter une "Leo Card" dans un des nombreux points de vente disséminés dans les principales villes du pays, de s'inscrire en ligne pour obtenir un compte et d'entrer le mot de passe fourni avec la carte.

Pas de tutorat apparemment. Pas de pratique de l'expression orale non plus. Je ne crois pas inutile de rappeler qu'avec un tel dispositif on n'apprend pas à parler une langue étrangère. Mais ça peut fournir un moyen très efficace de développer une compétence très ciblée, en complément d'une formation classique par exemple (le site vise essentiellement le public scolaire) et à son rythme.

Si vous avez déjà essayé d'apprendre une langue étrangère en ligne, votre témoignage m'intéresse. A vos claviers :-)


Via VnExpress (vn)
par stéphane Wattier publié dans : Au Vietnam...
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